Historique 1 – La série des 241-P

Les 241-P  –  carrière SNCF de la P-9  –  Le dernier train (COPEF)  –  Transfert à Guîtres  –  Un long sommeil…

Les 241-P furent conçues par le fameux ingénieur vapeur André Chapelon sur la base de la 241-C-1 du PLM de 1930, première machine française à être équipée de quatre essieux moteurs à roues de 2 mètres. Très puissante, elle l’était cependant moins que les Pacific (231) conçues par le même ingénieur.

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André Chapelon apporta de nouvelles améliorations : augmentation de l’efficacité des pistons, surchauffe de la vapeur, augmentation de la longévité du foyer, motorisation de l’alimentation en charbon, optimisation du graissage, et standardisation des différents organes.

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Mais les 241-P n’étaient pas pourvues des toutes dernières innovations techniques. Cela s’explique aisément puisque leur construction débute pendant la deuxième Guerre mondiale. On peut regretter cette stagnation technologique, mais les nouvelles techniques n’étaient éprouvées que sur des prototypes, et leur adoption sur des engins de série aurait retardé la livraison des machines. Dans le même temps, Chapelon avait mis au point la 242-A-1 dont les résultats étaient supérieurs. Dans ce cas pourquoi la SNCF a-t-elle préféré s’en tenir aux 241-P ? On évoque fréquemment deux réponses : tout d’abord Chapelon était, dans son domaine, un ingénieur d’origine PLM de réputation mondiale, et certains décideurs de la SNCF, provenant d’autres anciennes compagnies, pouvaient certainement le jalouser et tenter de freiner ses réussites techniques ; d’autre part la SNCF n’avait plus qu’une seule idée : tout miser sur le prestige de la traction électrique. Il était devenu politiquement incorrect d’améliorer encore la vapeur (des innovations remarquables étaient pourtant déjà éprouvées).

Ainsi les 241-P tombaient à pic : de bonnes machines puissantes – autant que les machines électriques de l’époque, afin de pouvoir les relayer avec la même efficacité – mais qui ne seraient pas en position pour faire des “vagues” face à la technologie électrique. Car la menace était réelle : André Chapelon, par ailleurs, avait étudié des prototypes à vapeur à grande vitesse…

Les 241-P furent produites en 35 exemplaire par les usines Schneider du Creusot, entre 1946 et 1952. Ces machines furent réparties sur les régions Sud-Est et Nord. 

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L’électrification de Paris-Lyon les repoussera sur Lyon-Marseille, puis provoquera leur mutation sur Nevers, et enfin leur répartition sur l’Est ainsi que sur l’Ouest où elle assuraient des trains lourds vers la Bretagne. La dernière machine en activité à été réformée dans la région Ouest en septembre 1969. Ainsi les 241-P auront été les dernières machines à vapeur construites en France.

Elle demeurent les plus imposantes machines de série construites dans notre pays, et parmi les plus puissantes aux côtés des excellentes 240-P (qui n’ont pas survécu). Elles sont aussi les dernières qui ont suscité l’admiration du public pour les grandes machines à vapeur de ligne, tant auprès des amateurs et des enfants, que des cheminots eux-mêmes qui ont admiré avec fierté celles qu’ils appelaient dans leur jargon les “2P”. La P9 porte les numéros de construction 4911 et FO 746 de région. Sa chaudière fut éprouvée à 30 bar le 6 février 1948 à Châlon-sur-Saône.

Les 241-P  –  carrière SNCF de la P-9  –  Le dernier train (COPEF)  –  Transfert à Guîtres  –  Un long sommeil…